18/05/2007

Paris Texas

Allie fieu, juste une fois hein, pour rire des lumières des zautres ...

 

Le Perroquet Libéré n°38

Edito : Aux mecs bien, la mairie reconnaissante

Paris a désormais une place Coluche. Tout sourire, Bertrand Delanoë l'a inaugurée dans le 14ème arrondissement, entouré de célébrités du spectacles et de la famille de feu Michel Colucci. Une décision qui avait fait l'objet d'un vote unanime au Conseil de Paris, droite et gauche confondues.
Pourquoi pas ? Après tout, les gens aimaient bien Coluche, qui les faisait marrer et savait appuyer là où ça fait mal. A tel point que vingt ans après sa mort, on entend souvent dire qu'il manque aujourd'hui. Et puis, il a lancé les Restos du Coeur qui, malheureusement, semblent bien partis pour lui survivre longtemps.
Faute de grands hommes, on se contente aujourd'hui d'honorer les mecs bien. Le problème, c'est que, s'il nous est rarement donné de côtoyer de grands hommes, des mecs bien, en revanche, chacun d'entre nous en connaît plein. Des personnes généreuses qui, se moquant des conventions, n'hésitent pas à dire ce qu'elles pensent et peuvent se mettre en quatre pour les autres. On pourrait tous en citer plusieurs.
Il suffit de dire tout haut "Place Coluche" pour mesurer ce que cette démarche a d'incongru. C'est un peu à côté de la plaque pour un nom de plaque. Du coup, on se demande si c'est vraiment rendre hommage à celui qui n'a eu de cesse de dévisser, déboulonner, brocarder les institutions de son temps que de le faire passer ainsi de l'autre côté de la barrière.

François Devoucoux du Buysson


 


Coups de bec

Par Franck Resplandy (DR)
Par Franck Resplandy (DR)
Paris Trintignant
Plus contestable encore que la place Coluche, le square Marie Trintignant dans le 4ème arrondissement. On remarque tout d'abord que cette décision ne respecte pas le fameux délai de 5 ans après le décès invoqué par les contempteurs de la place Jean-Paul II. Mais, bon, après tout, il y avait eu de nombreux précédents d'entorse à la règle : place Michel Petrucciani, rue Jean-Pierre Bloch, esplanade Bourguiba, place Henri Krasucki... Ce qui gêne davantage, c'est l'hommage rendu, non plus à ceux qui font, aux acteurs, aux héros, mais à ceux qui subissent, aux victimes. Mais c'est un symbole, dira-t-on ? Sans doute, mais pourquoi n'aurait-on pas dans ce cas une place du petit Grégory ou une rue Papy Voise ?
On s'étonnera enfin que seul un magazine se soit distingué du bel unanimisme qui, en cette occasion comme en d'autres, est devenu la marque de fabrique de la presse française. En effet, seul Voici a émis quelques réserves quant à cette initiative (cliquer ici). Il faut dire que, dans la mesure où la politique se réduit de plus en plus à l'image et à sa manipulation, l'hebdo qui s'est fait une spécialité de montrer la réalité derrière l'image est bien parti pour concurrencer de plus en plus des magazines qui se satisfont de la course à l'image et des versions officielles.

Sebastihaine
Il paraît que le maire de Paris poursuit de sa vindicte l'animateur Cauet qui a osé se moquer de sa guéguerre pour la marque Paris-Plage. Delanoë doit confondre Sébastien Cauet avec Sebastian Coe, sa bête noire depuis qu'il a obtenu que Londres organise Paris 2012...

Nom de nom
Delanoë dispute la propriété du nom "Paris-Plage" à la Ville du Touquet qui l'exploite depuis plus d'un siècle. A quand un procès contre Paris Hilton ?

Passez le voir
Dans Libération, Vikash Dhorasso, récemment viré du PSG, raconte qu'il a reçu une "très belle lettre" de Delanoë qui, grand seigneur, a ajouté à la main "Passez me voir". Comme on n'ose imaginer que le maire de Paris soit seulement sensible au licenciement des stars du foot-business qui crachent dans la soupe, on suppose que cette invitation vaut aussi pour tous les Parisiens confrontés au chômage. Si vous êtes concernés, passez le voir : 5 rue Lobau, Paris 4ème.

Chirac, une valeur sûre
On peut bien sûr se demander si la cave de la Ville de Paris avait vraiment besoin de se garnir de millésimes si chers qu'ils visent surtout une clientèle d'américains incultes ou de mafieux russes. Après tout, la France regorge de bons vins et le travail d'un caviste consiste plutôt à découvrir les perles méconnues de nos terroirs qu'à accumuler des grands crus bordelais surévalués par la spéculation... N'empêche, la mise aux enchères de la cave de l'Hôtel de Ville, qui a rapporté près d'un million d'euros, aura au moins montré que la flambe vinicole de l'ère Chirac s'est avérée un bon placement pour le budget de la Ville. Pas sûr en effet que les oeuvres contemporaines achetées aujourd'hui par la municipalité, comme la cabine téléphonique à 270.000 euros de Sophie Calle ou les lignes à 85.000 euros de Felice Varini s'arrachent à prix d'or dans quelques années...

Elus nomades
Rendant compte avec délices des audiences du procès des faux électeurs du 3ème arrondissement, le journal Libération -PME en difficulté de ce même arrondissement- prend un malin plaisir à souligner que le maire de l'époque, Jacques Dominati, habitait en réalité dans le 16ème. De ce point de vue, au moins, les choses n'ont pas changé avec l'alternance puisque, si l'on en croit Le Parisien, l'actuel maire socialiste du 3ème, Pierre Aidenbaum, habite dans le 8ème arrondissement.

Panaf votationne Delanoë
La "votation citoyenne" organisée par les promoteurs du droit de vote des étrangers se ridiculise d'année en année en conjuguant une abstention galopante avec des scores dignes du Turkménistan. Ainsi, cette année le résultat dépasse 93% de OUI malgré une abstention de 98% (cliquez ici)... Le maire de Paris a au moins su convaincre sa concurrente de l'UMP, Françoise de Panafieu, qui s'est récemment déclarée favorable au droit de vote des étrangers.


Quelques nouvelles de la circulation

Six ans qu'on les attend à Paris... (DR)
Six ans qu'on les attend à Paris... (DR)
Quel nom pour les Vélo'V parisiens ?
Les vélos en libre-service à Paris, c'est l'Arlésienne. On en parle depuis six ans, tout le monde est pour et... on attend toujours. Pour faire patienter encore un peu, le bien nommé Journal du Dimanche a invité ses lecteurs à envoyer leurs idées pour baptiser la copie parisienne des Vélo'V lyonnais. Puisque la mairie de Paris a dressé les citoyens les uns contre les autres avec sa politique de circulation et les passe-droits qu'elle accorde aux cyclistes, pourquoi pas un nom comme Bicycl'Hate?

Travaux pas pratiques
Selon le professeur Rémy Prud'homme, qui s'est procuré les statistiques 2005 de la RATP, le trafic des bus à Paris a chuté de plus de 6% en un an. Yves Contassot et Denis Baupin balayent ce chiffre gênant en disant que c'est la faute aux travaux (cliquer ici). On se demande bien qui les a lancés, ces travaux...

"Chat" sauvage
Une batterie de sondages vise à faire croire que la population approuve la politique de circulation de la mairie de Paris. Interrogé quelques jours plus tard lors d'un chat sur le site du Nouvel Observateur -dont les lecteurs peuvent difficilement être soupçonnés de sympathies droitières-, Denis Baupin a été tellement malmené par les questions posées (cliquer ici) qu'il a du se demander, comme nous, où était passée cette majorité de citoyens qui le soutiennent...

04:15 Écrit par Yvette dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, politique, humour, plage |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.